Introduction

L’océan fait partie de moi. J’étais à mes vingt ans coureur national à voile en PAV et en dériveur, longtemps l’île d’Aix hors saison a bercé mes rêves d’évasion…

Mon intérêt artistique pour l’activité maritime de création a lui démarré avec le « Projet Mellick ».
A l’origine de cette série photographique en ébauche, alors que nostalgiquement j’improvisais une balade dans un lieu maritime inconnu, en dehors des chemins fléchés vers la civilisation, sur un petit sentier non carrossable à droite, j’allais faire une nouvelle rencontre.

Je contemplais et saisissais via mon déjà vieux boitier des carcasses de bateaux dans un cimetière marin près de Noirmoutiers quand un vieil homme furibard m’accoste.
Curieux, il me demande ce que je fais là dans la vase jusqu’aux genoux ?
Sans m’en rendre compte, j’avais les deux pieds dans la vase jusqu’aux cuisses au milieu des épaves. Je me ressaisis vite.

D’un calme olympien, je lui fais alors part de mon intérêt artistique pour cet endroit empreint d’émotion et d’histoire. Découvrant mon émotion artistique emplie de naïveté, il s’adoucit ; c’est alors qu’il se remémore de douloureux souvenirs et que sa langue se délie autour d’un verre. De tous ces bâtiments et bateaux, il en connaissait le nom, l’histoire, et parfois l’équipage. Ils avaient tous été victimes du Plan Mellick, directive européenne de destruction d’une partie de la flotte maritime pour lutter contre la surpêche.

Sur le moment, les pauvres marins pécheurs propriétaires de bateau avaient cru bon d’accepter la prime et abandonner leur navire. Mais cette prime, aussi dérisoire fut-elle, voire inexistante pour les femmes disposant d’un tonnage inférieur, ne fut qu’une brindille de paille dans ce combat pour la meilleure prise où la pêche industrielle de tous horizons continue de ravager les fonds marins. Un leurre pour les poissons ! Un comble pour ces hommes et ces femmes de mer !

J’ai donc réalisé après cette rencontre une première série de photos sur les squelettes fossiles marins de la côté vendéenne. Pas une seule âme qui vive, sauf deux clichés d’un marin,Thierry, Titi pour les intimes, dernier marin hauturier domicilié au port des Sables.

Jean-Claude Pascal FLACCOMIO

© 2013 Tous droits réservés Les restes du vent – SACD / SCAM

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