Conduite prévisionnelle

Il s’agira ici de faire plus de reportages orientés « portrait » que d’interviews à proprement parler .
In situ, où que cela se trouve, sur une épave, à quai, dans un phare, sur un bâtiment, dans une cale, dans un domicile, au café, à la criée,…
Les portraits seront rapides, avec de l’impact .
Chaque interview visible sur les quatre écrans pourra être podcastée. Toutes auront une durée de 1 à 3 minutes environ.
Elles refléteront des gens et des régions.
Ici les protagonistes seront mis en valeur scéniquement, narrativement et esthétiquement, dans l’instantanée, pas de surfacture, juste du réel soigné.Quelques questions leur seront posées puis le cheminement se fera tout seul, à nous de réguler.
Chaque protagoniste pourra décrire une tranche de son histoire marquée par « les restes du vent ».

Bateliers, capitaines, armateurs, mousses, matelots, pêcheurs, ou même fils/fille de pêcheurs, filateurs, charpentiers de marine, ébénistes, diésélistes, machinistes, maîtres voilier…

Toutes ces personnes ont un souvenir à nous rapporter du temps où leur bateau fétiche sortait en mer.

Pour réaliser ces portraits, j’orienterai mon choix vers des personnes qui devront se sentir impliquées par le projet, c’est là ma philosophie. Je ne forcerai pas les gens à se confier, ils devront le faire naturellement. Car je sais ici, que pour certains, la destruction du bateau fait partie d’un secret de famille inavouable dont on ne remue pas les mauvais souvenirs de peur de voir s’abattre la tempête. Pour d’autres, il s’agit d’un soulagement, de la fin d’une époque…

Les personnes se livreront donc volontiers à la caméra, avec ou sans retenue. A ceux et celles qui n’ont pas l’habitude qu’on les écoute, à qui nous n’accordons pas suffisamment la parole, je tendrai l’oreille, je donnerai du temps.

Thierry, le marin au long cours, devenu par contrainte pêcheur côtier de seiches, est un de ces personnages que je consulterai sans aucun doute. Loquace et aventureux, il a bien des souvenirs sur ses sorties dans l’océan déchaîné.
Le vieil charpentier de marine croisé sur mon chemin, qui connaissait le nom de tous ces bateaux, carcasses à demi enfouies dans le cimetière marin, en sait des choses aussi.

Les portraits devront être filmés de manière spontanée. Je veux laisser place à l’émotion vraie et au verbe juste
Pas de surfacture, juste du réel soigné.
Bien entendu il y aura un cadre narratif, ontologique, je n’imposerai pas une conduite prévisionnelle stricto sensus, mais proposerai la configuration suivante :

  •  Quelques points clés pour chaque personne filmée, comme le parcours, le métier (au travers de ses joies et ses souffrance), les truc et astuces, ses moments forts, faibles, les espoirs de l’époque. Puis enfin, le pourquoi du basculement, ce choix, ce deuil.
  •  Aujourd’hui, l’ état des lieux pour lui ou elle, sa projection dans l’avenir…
  • Et des questionnements plus rationnels :
    Le surendettement, le départ à la retraite ? L’héritage ? La succession ?
    Huit mois pour construire un bateau, des années de services avec des centaines de sorties par an, avec des journées de travail effectives de quinze heures environ. Une heure pour le détruire à la pelleteuse, pour toucher la prime, sans décontamination, avec des risques écologiques considérables. D’autres préfèrent finalement couler leur bateau en mer ou bien l’abandonnent à l’échouage.C’est le jeu du « dis moi les dimensions de ton bateau, je te dirai combien tu touches ». Des primes allant de 50000 à 600000€ ( minorées de 20000 ou 30000 € de frais de dépollution et recyclage si l’on suit bien la procédure… bien entendu…)Des primes différentes, ou même pas de prime pour une femme ?
    Les dégâts collatéraux et la fermeture des chantiers navals…
    L’autre, le voisin pernicieux, d’abord espagnol puis maintenant l’Asie entière… Microcosme et macrocosme…
    Etc…

    Dans tous les cas je privilégierai la spontanéité du propos.

    Il s’agira pour chaque interviewé de parler d’un instant vécu avec un bateau victime de la prime à la casse.
    Cela pourra être un souvenir en tant que constructeur, un souvenir de vacance comme enfant du propriétaire etc…

    Mon objectif est de montrer qu’il n’y a pas eu que de la destruction matérielle ici, mais bien des répercussions sur l’Humain. Le choix n’est pas tout blanc ou tout noir dans ce combat pour l’équilibre instable dans la cohabitation homme / nature.
    Je veux aussi pointer du doigt le lien entre l’Homme et son bateau. Un lien mis à mal aujourd’hui dans notre société de consommation où le ‘je-prends-je-consomme-je-jette’ règne en maître. Je ne fais pas de sentimentalisme, j’offre un constat un état de fait.

    Des portraits additionnels seront proposés aussi pour véhiculer les propos de sociologues et économistes, scientifiques qui pourront nous faire comme je l’ai écrit plus haut, un bref résumé, un pendant historique, les répercussions de la réduction de la flotte marchande, etc. Des propos plus terre à terre, vulgarisés ou pas, neutres et grandement utiles pour lacompréhension des faits.

Pas de décor récurrent sur les portraits. Je veux juste que les décors choisis (intérieurs, extérieurs…) aient un élément en rapport avec le bateau autour duquel tournera la discussion.
L’improvisation est tellement plus authentique, même sur les décors ! Il suffit parfois juste de rester graphique et de rajouter une petite touche personnelle :
Il pourra s’agir soit des restes du destrier reposant dans un cimetière marin, soit d’une photo en arrière plan, en souvenir de son bateau ; des restes d’hameçons, etc…
Capturer l’émotion, l’ambiance est plus facile si le lieu recèle une partie de l’âme du sujet, si il y a un lien fort qui unit l’homme ou la femme des mers à son destrier, son élément.

La lumière additionnelle mettra en valeur l’ensemble, j’en prends toujours soin.

Certaines fois, quand la conjoncture ou les conditions seront réunies, je permettrai aux protagonistes de pouvoir s’adresser directement à la caméra, sans intermédiaire. L’internaute/ téléspectateur sera ainsi le confident de ces anecdotes, tranches de vies…

Si la dynamique créative l’emporte et que les circonstances le permettent, il se peut que nous fassions une ou quelques reconstitutions de pêche en petit tonnage, l’improvisation suivra l’avenir… nous verrons…

Avec l’INA s’offre aussi (enfin à 1000 euros la minute le verbe « offrir », n’est pas adapté) la possibilité de trouver quelques images d’archive…

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s